jeudi 25 juin 2015

Se servir de l'envie de perdre du poids

Santé : Obésité, surpoids : des filons qui peuvent rapporter gros

Les déclarations de Pierre Dukan, qui attribue la responsabilité de l’explosion de l’obésité à la destruction de la famille font réagir Catherine Grangeard, psychanalyste à Beynes.

24/06/2015 à 16:24 par patrick.wassef
Catherine Grangeard, psychanalyste à Beynes, est aussi auteure de “Comprendre l’obésité” et membre du think tank “ObésitéS”,
Catherine Grangeard, psychanalyste à Beynes, est aussi auteure de “Comprendre l’obésité” et membre du think tank “ObésitéS”,
Les déclarations de Pierre Dukan sur RMC l’ont fait  bondir. L’ex -médecin nutritionniste (exclu par l’ordre des médecins) expliquait en effet l’explosion de l’obésité et du surpoids par la destruction de la famille, due à l’apparition du planning familial, l’invention de la pilule, et… au mariage pour tous. «Marche par marche, on détruit la famille» déclarait-il.

Les féministes responsables du surpoids ?

Psychanalyste, auteure de “Comprendre l’obésité” (Ed. Albin-Michel) Catherine Grangeard s’insurge. «Pierre Dukan est un spécialiste du genre. Il aime se faire remarquer et c’est un “bon client” pour les plateaux télé. Soit. Mais lier les problèmes de poids avec le planning familial, l’évolution de la famille, et le mariage pour tous, expliquer que c’est pour ces raisons que l’on mangerait trop, c’est inconcevable ! »
Comble pour un “nutritionniste” : «Il ne dit rien de l’industrie agroalimentaire, ne fait aucune critique d’ordre diététique, ne dit pas un mot sur la nourriture,  mais met en avant l’évolution, qu’il juge négative, du modèle familial patriarcal, pour expliquer les comportements alimentaires  !»
Et, il n’est pas le seul. En introduction de son livre “La Peur de Grossir”, Bernard Waysfeld impute aux mouvements féministes l’origine des troubles des comportements alimentaires :  «Dans la mouvance du courant féministe, le rejet des formes rondes impose aux femmes une minceur généralement peu compatible avec leur physiologie…», écrit-il. Ou encore : «Marquées par le courant féministe des années 70, elles ont imposé à leur fille un corps mince, conforme à l’image “top model” dont elles rêvaient pour elles-mêmes.» «Une féministe qui rêve d’être top model ? Un non-sens», souligne Catherine Grangeard.
Et de poursuivre : «Dans un article de L’Express, Gérard Apfeldorfer fait remonter “le contrôle du poids aux suffragettes qui voulaient se transformer en égales des hommes”. On voit très bien à quoi ils font référence et quel est le soubassement idéologique de ce discours, poursuit la psychanalyste. Mais en quoi être médecin nutritionniste donne-t-il une compétence pour juger de cette évolution de la société ? Ils profitent de leur aura, et de leur savoir pour déborder de leur domaine et se placer sur le terrain idéologique. Ils énoncent ce genre de “vérité” du haut d’une compétence acquise ailleurs.» «Même si bien sûr, ajoute-elle, nous sommes d’accord pour dire que l’évolution de l’obésité est multifactorielle. Soyons sérieux : l’épidémie d’obésité planétaire est liée au féminisme qui régnerait partout dans le monde ?»

Une claque au serment d’Hippocrate ?

Qu’ils aient le droit d’avoir un avis ou une opinion, et qu’ils les disent, Catherine Grangeard ne le conteste pas, même si elle est profondément en désaccord avec ce discours. Mais, ajoute-t-elle, «ces hommes ont des patientes et je m’inquiète de ce qui se dit dans le secret du cabinet de consultation… N’est-ce pas aller à l’encontre du serment d’Hippocrate, qui demande au médecin de faire preuve d’une neutralité bienveillante vis-à-vis de leurs patients, lorsqu’il dit “Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté”, et “Je n’exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences” ?»

Conflits d’intérêts?

Par-delà les discours et l’idéologie, Catherine Grangeard pointe aussi certains comportements qui flirtent avec le conflit d’intérêts.
On sait que Pierre Dukan a été radié par le conseil de l’ordre des médecins parce que le conflit d’intérêts entre la pratique de la médecine et le fait d’avoir fait la promotion commerciale de son régime sous son nom était patent. Mais est-il le seul dans ce cas ?
«Je ne suis pas habilitée à répondre, prévient la psychanalyste, je ne suis ni le conseil de l’ordre, ni le ministère de la Santé… mais je lis les journaux et je vois que, dans différents dossiers, Le Monde parle des liens de certains médecins avec l’industrie agroalimentaire alors qu’ils critiquent, dans la “loi Santé”, le nouvel étiquetage permettant d’apprécier la valeur nutritionnelle des aliments. Idem, récemment : Le Canard Enchaîné les épingle sur leurs liens avec cette industrie.
Par ailleurs, mettons le nez sur des sites internet qui ne proposent pas de “régimes” mais des “programmes”.
C’est le cas de Line coaching.com. «Il y a ambiguïté car Jean-Philippe Zermati, nutritionniste et Gérard Apfeldorfer, psychiatre, utilisent leur nom pour apporter une caution de respectabilité, car matériellement, je ne vois pas comment ils peuvent être aux manettes et répondre à tous les internautes.»
Le site propose des conseils, évidemment payants, via des formules d’abonnement. «Ces deux médecins sont aussi deux des fondateurs du GROS (Groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids), qui s’est inscrit dans une démarche critique vis-a-vis des régimes.»
En consultant ce site, on y trouve une “information” qui renvoie vers un autre site qui propose de coacher les problèmes de sommeil, lui-même animé par Gérard Apfeldorfer. «Ainsi, ce sont les besoins primaires – manger, dormir – qui sont visés. Cette politique commerciale est du genre agressive. Joseph, un de mes amis, avait visité le site du coaching alimentaire, mais ne s’était pas inscrit. “Elle” a été relancée systématiquement à Noël, à la Saint-Valentin et même à la Fête des mères. Pas de chance, c’était un homme…
Au-delà de l’anecdote, cela montre qu’ils appuient là où ça fait mal. Des médecins ont-ils à s’autoriser ce type de pratiques ?»
Et qu’en disent le conseil de l’ordre, le ministère de la Santé ?

Le poids… faux problème ?

Si l’obésité est un drame, personnel et social, «il n’y a pas de vrai problème à avoir un petit excès de poids, estime Catherine Grangeard. Il n’y a pas qu’un seul type de corps qui soit beau». Elle constate avec plaisir que certaines choses avancent. «Le fait qu’un IMC plancher (indice de masse corporelle) ait été fixé pour les défilés de mode empêchera peut-être que des jeunes filles s’identifient à des mannequins squelettiques. Même chose pour l’obligation d’indiquer qu’une photo est retouchée.»

IMC à géométrie variable

A noter que les directives en matière de corpulence, fondées sur l’IMC, ont changé ; depuis 1995, elles ont été abaissées. Ceux qui avaient un poids “normal” avant, sont brutalement devenus “en surpoids”. Ces normes servent d’étalon aux compagnies d’assurances pour calculer le montant des cotisations.
«Si nous restons avec les modèles actuels, on ne peut pas tenir, assure Catherine Grangeard. Cela donne lieu à des excès dans l’utilisation des médicaments comme l’a montré Irène Frachon dans son livre sur le Médiator, ou à une multiplication des régimes. Or, 95% d’entre eux ne sont pas tenables.»
Des solutions concrètes ? «Préférer les productions locales à ce que propose l’agroalimentaire et, en Ile-de-France, protéger les terres agricoles. Pourquoi ne pas encourager les villes à mettre en place des jardins familiaux, à proposer des parcelles à leurs habitants ? Ils produiraient leurs légumes, rompraient l’isolement, éviteraient l’ennui, la sédentarité… tous facteurs d’obésité. La demande existe. Les AMAP ne peuvent répondre aux commandes faute de terrains pour cultiver… »
Et plutôt que de se dire «Il faut maigrir pour entrer dans mes vêtements, et en souffrir en termes d’estime de soi, demander aux stylistes de travailler sur des vêtements qui conviennent à une majorité de personnes».
Et respecter ce principe fondamental : «ne pas nuire» en propageant «des idéologies malsaines, des images totalitaires, ou en créant des marchés envahissants et agressifs». Fabriquer de l’obésité n’est pas inéluctable !

Beynes, 78
patrick.wassef

mardi 23 juin 2015

Le coaching maintient la dépendance

Les questions de poids font mordre à tous les hameçons lorsque la détresse dépasse la raison... A lire ABSOLUMENT.
la base du coaching, c'est de suivre ce qu'on vous dit de faire. C'est maintenir en dépendance. Et bien sûr, ce seront les plus pervers qui, prétendant faire pour leur bien, abuseront des personnes vulnérables... puisque venant chercher un coach pour leur dire quoi faire, comment faire, etc.... Belle logique !
Mieux vaut analyser que se soumettre, non ?
En faisant des recherches sur la communauté pro-ana, j'ai découvert que leurs forums fourmillaient de prédateurs sexuels.
VICE.COM

Mon corps est à moi !

BRAVO... les artistes sont formidables pour le dire, le montrer...avec finesse !
ça me rappelle :
"je suis comme je suis, je suis faite comme ça, quand j'ai envie de rire, oui, je ris aux éclats, ...." Prévert, repris par Gréco et bcp d'autres avec talent...
A reprendre comme un hymne face à la normalisation ambiante
Mr.Q est grand et mince. Et ça lui va. Ce qui ne lui va pas, ce sont toutes ces remarques : « Mais mange un peu ! », « On dirait un squelette »... Fichez-lui donc la paix !
WWW.MADMOIZELLE.COM

lundi 15 juin 2015

+ de grossesses, - de gros, selon Dukan...

Dukan a des phobies, grossophobie, homophobie, ... la contraception, le planning familial... Il attribue à toutes ces briques la fragilité actuelle de nos civilisations et l'obésité, of course.
Pas un mot sur les dangers attribués à son régime par les experts de l'ANSES... Il ne doit pas les aimer. non plus, ...(il faut savoir qu'il a dit ne pas aimer Michel Cymès... ) Aucune allusion au serment d'Hippocrate, non plus... c'est bon pour les médecins. Il ne 'est plus...

Rappel , l'émission Les Grandes Gueules a particulièrement bien porté son nom. sur le plateau de RMC, l'(ex)-docteur Dukan s'est attiré les foudres des animateurs en expliquant - maladroitement - que l'un des facteurs de l'obésité et du surpoids dans le monde occidental était la compensation alimentaire causée par la "destruction de la famille".
Une destruction due non seulement au "mariage pour tous", mais aussi au "planning familial en 1945" et à "la découverte de la pilule en 1950", selon Pierre Dukan. Et de conclure : "Un adolescent, aujourd'hui, il est paumé. La famille, c'est le palpitant du bonheur. Et pour compenser, on mange."

Marie-Anne Soubré, chroniqueuse présente sur le plateau, est sortie de ses gonds, notamment concernant la pilule : "Je travaille, je prends la pilule, je suis responsable de l'obésité ?" a ironisé l'avocate, ajoutant que la pilule était tout de même bien utile dans certains pays d'Afrique face à la surpopulation.
Radiation de l'ordre des médecins
Pour rappel, en janvier 2014, le Conseil de l'ordre a définitivement radié Pierre Dukan, condamnant notamment son "attitude publicitaire". Un an plus tôt, la chambre disciplinaire d'Ile-de-France avait prononcé à son encontre une interdiction d'exercer pendant huit jours pour "manquements aux règles déontologiques". Pierre Dukan était accusé d'avoir refusé de communiquer son dossier médical à une patiente à laquelle il avait prescrit du Mediator et qui a développé une valvulopathie sévère.

L'(ex)-docteur Dukan ne s'est toutefois jamais caché de souhaiter faire de la publicité pour son régime et ses produits dérivés. Le 19 avril 2012,  il s'était lui-même retiré de l'ordre des médecins, justifiant à l'époque cette décision par l'envie d'avoir "les mains libres pour son entreprise". 


Le rapport de l'ANSES (nov. 2010) est accablant pour ce régime... dangereux, nocif, etc....
Mais en dehors de ce Mr Dukan, il y a les autres nutritionnistes... certaines opinions, publiques, sont à l'identique......
 "Le bon client " des Grandes Gueules  a dit tout haut ce que d'autres médecins nutritionnistes disent dans le secret de leurs cabinets mais aussi écrivent. Voir l'Express (n)3271, mars 2014) "...remonter aux années 1920 et aux suffragettes : effacer leurs formes féminines étaient pour elles une façon de se transformer en égales des hommes..." Dr Gérard Apfledofer. 
Voir le site :thinktankobesites.com : dernier dossier TCA (Troubles du comportement alimentaire) Dr Bernard Waysfeld : "... dans la mouvance du courant féministe, le rejet des formes rondes impose aux femmes une minceur généralement peu compatible avec leurs physiologie..." (quelques lignes plus loin...) "Leurs mères ont souvent contribué à cette image négative du corps féminin. Marquées par le courant féministe des années 60 et 70, elles ont imposé à leur fille un corps mince et diaphane, conforme à l'image top model et stéréotypées qu'elle rêvait pour elle-même"... (voir ma réponse sur le dit site)
Les obsessions de ces médecins dont la clientèle est essentiellement féminine ont l'air de s'aggraver. De se répandre dans les médias... Qu'en est-il dans le secret des cabinets ? Le poids des mots du médecin peut laisser craindre le pire.
On peut ici soulever la question de leur légitimité en penseurs de la société.

A SUIVRE !

lundi 1 juin 2015

chirurgie de l'obésité : Post- congrès SOFFCO 2015,


Vous mettez beaucoup de chirurgiens de l’obésité ensemble et … vous saurez qu’il n’y a aucune technique chirurgicale qui fasse l’unanimité.
A Lyon, du 28 au 30 mai 2015, le congrès a réuni 6 à 700 personnes pour des débats non-stop de 8h du matin à 20h, dans 2 salles différentes au Palais des Congrès. Gros truc. Débats très enrichissants. Boulimie d’infos, appétit démesuré des médecins pour exposer, échanger…
Le dernier numéro de la revue Obésité, juin 2015, volume 10, n°2 donne l’aperçu des abstracts, du nombre de conférenciers, … Impressionnant.
Donc même quelques psy ont eu la parole. La preuve, j’y étais, j’ai parlé de la personne et pas d’un organe à opérer. Oui, il y a quelqu'un dans ce corps ! 
Evidemment, la pluridisciplinarité est encore balbutiante, si on est optimiste, on dira que le verre est moitié plein et qu’on va dans le bon sens…
L’ambiance était très sympa, ça c’est indéniable. On a allié l’agréable à l’utile ; pour finir par une soirée rock and roll endiablée, jusqu'au bout de la nuit, animée par le groupe  « Sauve qui peut », composé uniquement de médecins ! Et oui, ça swingue un max à Lyon !

Pour résumer : un bon chirurgien est celui qui propose à ses patients la technique à laquelle il croit, qu’il maîtrise, qui s’entoure d’autres praticiens, qui favorise les groupes de patients… et pas uniquement dans sa salle d’attente, car il aurait un retard tel que les gens finissent par parler entre eux… ça existe, j’en ai rencontré J