mercredi 1 février 2017

En France, plus de chirurgies de l'obésité que de progression de l'obésité


C’est un vrai problème !

« L’augmentation du recours à cette chirurgie a été plus rapide que celle de la prévalence de l’obésité dans l’ensemble de la population. » (4ème paragraphe de l’intro des « indicateurs pour l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins en chirurgie de l’obésité ».)


Pourquoi tant de chirurgies alors que « le traitement chirurgical fait partie des traitements possibles de l’obésité. Il n’est proposé qu’en seconde intention, après échec du traitement médical bien conduit… » (3ème paragraphe de la même intro) ?
En 2014, 54 241 chirurgies bariatriques ont été réalisées en France. En 10 ans, 500.000 personnes obèses été opérées.

 La journaliste Martine Lochouarn a posé d’excellentes questions le 26/01 dernier :
http://sante.lefigaro.fr/article/chirurgie-de-l-obesite-des-interrogations-sur-le-long-terme

Résumons…
Cette année, les chirurgiens enlèvent plus d’anneaux gastriques qu’ils n’en posent…

Avec un recul de18 ans, 42% des anneaux ont été retirés. Mais ce n’est pas qu’une question de technique opératoire… Pour la sleeve, les complications existent aussi. Citons le Pr Jean-Marc Chevallier : « Faute de réflexion au long cours, nous jouons un peu avec le feu

Les patients jouent gros, effectivement.

Pour le Pr Basdevant « La qualité du suivi est un vrai sujet de préoccupation ».

Mais pour le Pr Chevallier, «on a laissé s’installer une confusion entre chirurgie vitale et chirurgie esthétique. Cette chirurgie a été développée pour traiter l’obésité-maladie, ramener l’IMC au-dessous de 35 parce qu’au-dessus, ces personnes sont bien plus exposées que la population générale à des risques graves. Pour une femme de 140 kg, cela signifie descendre à 90 kg, pas à 60 kg. Même avec un peu de poids repris, si l’IMC reste au-dessous de 35 après vingt ans, c’est un succès».

Voilà qui n’est pas entendu de cette oreille par nombre de candidats à la chirurgie qui rêvent d’un corps idéal, celui des magazines, pas le sien !

«Chaque obésité est singulière et s’installe en vingt à trente ans selon une trajectoire individuelle dont tous les paramètres, comportementaux, sociaux, économiques, doivent être analysés, intégrés dans le raisonnement médical avant d’envisager une chirurgie. Cela prend du temps, c’est pourquoi la Haute Autorité de santé recommande une prise en charge médicale de six à douze mois avant toute intervention», rappelle le Pr Arnaud Basdevant.

C’est cette réalité qui est refusée. Le principe de réalité a toujours du mal à s’imposer face au principe de plaisir. Et certains chirurgiens acceptent (ou proposent) un peu facilement une chirurgie censée fonctionner miraculeusement…

Rappelons que le taux d’échec est de plus de 40% !

Alors, pour se donner les chances du succès, rien ne vaut de courir… Rien ne vaut se persuader que tout ira bien…
Pour que ce soit le cas, il faut chercher à comprendre pourquoi un tel excès de poids s’est installé, au point que l’on en passe par une chirurgie pour le résoudre. Comment résoudre définitivement cette problématique exige de saisir pourquoi ça se passe ainsi.
L'accompagnement psychanalytique est tout à fait adapté à ce questionnement nécessaire.

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